Vous êtes acheteur, directeur des achats ou maîtrise d'ouvrage, et vous devez signer un contrat pour la fabrication et la pose d'une structure métallique : charpente d'entrepôt, passerelle industrielle, mezzanine, escalier, garde-corps. On vous a expliqué que le métallier doit être « certifié EN 1090 EXC2 ». Mais concrètement — que signifie cette norme, que couvre-t-elle, pourquoi est-elle obligatoire, et comment vérifier que votre prestataire est vraiment en règle ? Ce guide pratique répond à toutes ces questions pour les non-spécialistes.
1. Ce qu'est la norme EN 1090 (en une phrase)
La norme EN 1090 (intitulée complète : « Exécution des structures en acier et en aluminium ») est le référentiel européen harmonisé qui régit la fabrication et le marquage CE des structures métalliques porteuses destinées au bâtiment ou aux ouvrages d'art.
En clair : c'est la norme qui garantit qu'une structure acier a été conçue, fabriquée, soudée, contrôlée et livrée selon des standards de qualité européens vérifiables. Sans conformité EN 1090, une charpente métallique ne peut pas légalement être vendue en Europe pour un ouvrage de construction.
La norme se décline en 3 parties : EN 1090-1 (exigences pour le marquage CE), EN 1090-2 (exigences techniques pour les structures acier), EN 1090-3 (pour l'aluminium). En métallerie B2B française, c'est surtout EN 1090-1 et EN 1090-2 qui s'appliquent.
2. Les 4 classes d'exécution : EXC1 / EXC2 / EXC3 / EXC4
La norme EN 1090 ne s'applique pas de la même manière à toutes les structures. Elle définit 4 classes d'exécution croissantes selon la criticité de l'ouvrage :
• EXC1 : structures secondaires non porteuses (cloisons, garde-corps non structurels). Rarement utilisé.
• EXC2 : structures de bâtiment standard (charpentes d'entrepôts, mezzanines, passerelles légères, escaliers). C'est le niveau adapté à 95% de la métallerie B2B française.
• EXC3 : structures complexes ou à fortes charges dynamiques (ponts secondaires, bâtiments industriels lourds, constructions en zones sismiques).
• EXC4 : structures critiques — ponts autoroutiers majeurs, hôpitaux, centrales nucléaires, infrastructures stratégiques. Très rare.
La classe est déterminée par 3 paramètres : la classe de conséquence CC1-CC3 (gravité d'une défaillance), la catégorie de service SC1-SC2 (fatigue), la catégorie de production PC1-PC2 (soudabilité matériau). En pratique, 99% des charpentes d'entrepôts et bâtiments industriels sont en EXC2.
3. Ce qu'un métallier EN 1090 EXC2 doit vous garantir
Une entreprise certifiée EN 1090 EXC2 doit disposer d'un système qualité complet et documenté. Concrètement, elle doit vous fournir sur demande les éléments suivants :
• Son certificat EN 1090 EXC2 en cours de validité (délivré par un organisme notifié type AFNOR, Bureau Veritas, Apave).
• Son manuel qualité documentant les processus de fabrication.
• La qualification individuelle des soudeurs (EN ISO 9606, renouvelée tous les 2-3 ans).
• Les modes opératoires de soudage (WPS) documentés et qualifiés (WPQR selon EN ISO 15614).
• Les certificats matière 3.1 selon EN 10204 pour chaque lot d'acier utilisé.
• Les notes de calcul Eurocode 3 (EN 1993) pour chaque ouvrage fabriqué.
• La déclaration de performance (DoP) du produit fini, accompagnée du marquage CE.
• Un responsable de l'exécution en soudage (RWC) qualifié (diplôme IWE/IWT).
Si votre prestataire ne peut pas vous fournir ces documents rapidement, c'est un red flag majeur.
4. Les questions à poser lors de la consultation
Voici la liste de questions à intégrer systématiquement dans votre consultation de prestataires en métallerie :
1. « Êtes-vous certifié EN 1090 EXC2 ? Pouvez-vous me fournir votre certificat à jour ? »
2. « Vos soudeurs sont-ils qualifiés EN ISO 9606 ? Combien en disposez-vous ? »
3. « Quel organisme notifié vous a certifié ? À quelle date ? »
4. « Avez-vous un responsable de l'exécution en soudage diplômé ? »
5. « Pouvez-vous livrer un DOE complet à la réception (plans conformes, PV, certificats matière) ? »
6. « Vos ouvrages sont-ils livrés avec marquage CE et DoP ? »
7. « Quel est votre atelier ? Puis-je le visiter ? » — une entreprise sérieuse acceptera volontiers.
8. « Pour mon projet, quel sera le RWC responsable ? Ses qualifications ? »
9. « Avez-vous une RC décennale couvrant l'activité métallerie ? »
10. « Quelle est votre méthode de contrôle qualité (PV essais, CND si requis) ? »
Un prestataire IEF & CO ou équivalent sérieux répond sans hésiter et fournit documentation sur demande.
5. Les signaux d'alerte
À l'inverse, certains signaux doivent vous alerter lors de la consultation :
• Prix anormalement bas (-30% par rapport aux concurrents) : souvent signe d'une absence de qualification ou d'acier low-cost sans certificat matière.
• Refus ou lenteur à fournir le certificat EN 1090 : possible absence ou certificat expiré.
• Absence de mention de notes de calcul Eurocode 3 dans la proposition : dimensionnement hasardeux.
• Pas de devis détaillé poste par poste : manque de transparence fréquent chez les artisans non structurés.
• Absence d'assurance RC décennale visible : disqualifiant immédiat.
• Sous-traitance non déclarée : certaines petites structures sous-traitent la fabrication à des ateliers non certifiés.
En cas de doute, vérifiez le certificat auprès de l'organisme notifié (leurs bases sont publiques).
Conclusion
Exiger la certification EN 1090 EXC2 n'est pas une formalité administrative — c'est la garantie que votre structure métallique aura été fabriquée selon les standards européens reconnus, avec traçabilité complète des matériaux, qualification des opérateurs, et contrôle qualité documenté. C'est aussi votre protection juridique en cas de sinistre ou de désordre ultérieur.
IEF & CO est certifié EN 1090 EXC2 depuis 2022 par un organisme notifié français. Nous vous remettons systématiquement le dossier technique complet à la réception de chaque ouvrage — notes de calcul Eurocode 3, certificats matière 3.1, PV d'essais de soudage, déclaration de performance CE. Demandez-nous le dossier-type.
Publié par
IEF & CO
